Devriez-vous contribuer à votre second pilier en 2021?

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Devriez-vous contribuer à votre second pilier en 2020?

En Suisse, il est possible de faire des contributions volontaires au second pilier. Ces contributions ont des avantages fiscaux comme il est possible de déduire ces contributions de notre revenu imposable. Les retours sur l’investissement sont presque instantanés et dépendent de notre taux d’imposition marginal.

Néanmoins, l’argent est ensuite bloqué dans le second pilier. Et les intérêts sur ces comptes sont très faibles aujourd’hui.

Il faut donc se poser la question si ça vaut la peine de contribuer au second pilier ou si c’est plus intéressant d’investir en actions.

Dans cet article, je vais répondre à cette question importante.

Contribution au second pilier

Comment est-ce qu’une contribution volontaire au second pilier fonctionne?

Normalement, on contribue tous les mois un certain pourcentage de notre salaire dans le deuxième pilier. Et cette contribution est également faite par les entreprises. Mais on ne peut généralement rien changer à ce système. Il n’y a donc pas de façons d’optimiser cela.

Par contre, il est possible de faire des contributions volontaires pour couvrir les manques de votre second pilier. Par exemple, si votre salaire a beaucoup augmenté ou alors si vous avez commencé à contribuer tard, vous aurez des manques. Il est donc possible de les couvrir.

Quand vous faites une telle contribution, il est possible de déduire cette contribution du revenu imposable. Et du coup, cela équivaut à une réduction de vos impôts. Cela marche de la même façon que pour le troisième pilier.

La réduction exacte des impôts est difficile à calculer. Cela va dépendre de votre taux marginal d’imposition. Ce taux indique à quel pourcentage un nouveau revenu est taxé. Et votre taux marginal d’imposition  dépend de beaucoup de facteurs (vos revenus, votre fortune et le canton de domicile, entre autres). Dans la plupart des cas, cela va équivaloir à 30% à 40%.

On peut donc voir une contribution au second pilier comme un investissement avec un retour immédiat de votre taux marginal d’imposition. Plus vous payez d’impôts, le meilleur sera cet investissement.

Maintenant, cet argent sera bloqué jusqu’à ce qu’il soit possible d’y accéder. Dans mon guide sur le deuxième pilier, j’ai listé les quatre cas possibles pour retirer cet argent: acheter une maison, démarrer une entreprise, prendre sa retraite ou quitter la Suisse. Dans ces cas, vous allez perdre une partie de ce second pilier en fonction des impôts. Mais ça n’est pas autant que ce que vous aurez économisé.

En plus de cela, les contributions volontaires sont toujours bloquées pour trois ans. Si vous pensez donc récupérer l’argent dans moins de trois, ça n’est pas un bon moment pour une contribution volontaire.

L’argent dans le second pilier vous fait gagner des intérêts. Malheureusement, ces taux d’intérêts sont à des taux historiquement bas. On peut espérer avoir environ 1% d’intérêts par an. C’est mieux que rien et c’est très sûr, mais c’est tout de même assez risible.

Il y a un second avantage fiscal au second pilier: il n’est pas compté dans la fortune imposable. C’est la même chose avec le troisième pilier. On ne paie du coup pas d’impôt sur la fortune sur nos avoirs de retraite. Avec une grande fortune, cela peut faire une différence non négligeable.

Mais c’est un petit avantage car il va peut-être réduire vos impôts sur la fortune de 0.5%. Cela n’a rien à voir avec le premier avantage qui peut avoir un retour de plus de 30%. Mais c’est tout de même important de savoir que le second pilier est exempté d’impôts sur la fortune.

Scénarios

L’alternative au second pilier est d’investir en bourse. On peut donc comparer comment la même somme se comporte si elle est investie en bourse ou alors dans le second pilier. On peut très facilement simuler quelques scénarios pour voir les résultats.

On va commencer avec des retours annuels de 3% pour les actions. Pour le second pilier, on va considérer un taux d’intérêt de 1% par an. Et on va considérer 30%, 35% et 40% de taux marginal d’imposition.

Voici donc les résultats avec ces paramètres pour une durée de 20 ans:

Investir dans le second pilier ou en bourse à 3%?
Investir dans le second pilier ou en bourse à 3%?

On peut voir qu’il faut environ 13 ans pour les actions pour dépasser un taux marginal d’imposition de 30%. Et il faut 17 ans pour dépasser les résultats d’un taux marginal de 40%. Avec des retours de 3% par an en bourse, le second pilier semble très intéressant du fait de la déduction d’impôts très importante.

Mais en général, les actions génèrent un rendement plus élevé que 3% par an. Voyons donc ce qui se passe avec 5% par an.

Investir dans le second pilier ou en bourse à 5%?
Investir dans le second pilier ou en bourse à 5%?

Cette fois, il faut moins de 10 ans pour les actions pour dépasser le second pilier. Et la différence après 20 ans est très conséquente. On peut voir l’attrait des intérêts composés ici. Même 5% par an peut faire une très grande différence sur le long-terme. Personnellement, je me base sur 5% par an pour estimer mes futurs revenus en bourse.

Bien évidemment, en pratique, on ne va pas avoir 5% par an. Il s’agit d’une moyenne. On peut avoir une année à 20% et une autre année à -30%. Mais c’est comme ça que la bourse fonctionne. On peut uniquement se baser sur les revenus moyens pour le long-terme.

Certaines personnes attendent jusqu’à 7% de la bourse. Voyons donc ce qui arrive si on prend 7% par an en compte pour les actions.

Investir dans le second pilier ou en bourse à 7%?
Investir dans le second pilier ou en bourse à 7%?

Avec 7% de revenus en bourse, le second pilier n’est vraiment plus intéressant. Les intérêts composés vont devenir de plus en plus importants. Après 20 ans, vos actions vaudront plus de deux fois plus que votre second pilier.

Si on se base uniquement sur cela, on devrait probablement préférer les investissements en bourse.

Néanmoins, il y a d’autres considérations qui entrent en jeu. En premier, ça va dépendre de combien de temps il vous reste avant de retirer le second pilier. Si vous allez le retirer dans 5 ans, il est très intéressant de contribuer au second pilier. Pour le court et le moyen terme, c’est un bon investissement.

Néanmoins, faites attention à ne pas bloquer votre argent. En effet, comme mentionné plus haut, les contributions volontaires au second pilier sont bloquées pour trois ans. Donc, pour un terme de moins de trois ans, ça n’est pas intéressant.

Une autre chose à prendre en compte est la qualité de votre second pilier. Certaines personnes ont accès à un meilleur second pilier que le mien. Certains seconds piliers vous laissent investir en bourse ou ont des meilleurs taux d’intérêts.

Et la seconde considération va dépendre de votre allocation d’actifs.

Votre allocation en obligations

Comme c’est un bien très sûr, je considère mon second pilier comme des obligations. J’intègre donc mon second pilier dans ma fortune et considère son ensemble dans mon allocation en obligation.

Donc, une autre raison de faire une contribution volontaire au second pilier peut venir de votre allocation en obligations. Si elle est trop basse, vous pouvez racheter des parts pour l’augmenter. Comme il y a un avantage fiscal important, le second pilier est probablement meilleur que les obligations.

Jusqu’à présent, j’ai toujours eu trop d’obligations dans mon allocation d’actifs. Je n’ai donc jamais eu besoin de faire des contributions volontaires.

En 2020, nous avons acheté une maison. Notre second pilier est donc presque vide. Idéalement, il faudrait faire des contributions massives maintenant.

Malheureusement, les contributions volontaires à notre second pilier ne sont déductibles des impôts uniquement que lorsque nous aurons remboursé la totalité de ce que nous avons pris dans le deuxième pilier. Il nous faudra donc environ cinq ans de contributions standards avant que cela fasse sens de contribuer. C’est un système un peu bête, mais c’est comme ça. C’est quelque chose que je vais considérer dans le futur.

Une histoire de timing

Il y a certains cas dans lesquels il devient très intéressant de faire des contributions volontaires au second pilier:

  • Quand vous savez que vous allez  utiliser l’argent (retraite ou maison) dans le moyen terme (mais plus que 3 ans). Ces contributions sont un excellent investissement à court-terme (3-7 ans).
  • Quand vous savez que vous allez quitter votre entreprise bientôt et passer à un compte de libre passage. Ces comptes sont des biens meilleurs investissements. Il est donc bien de pouvoir cumuler l’avantage fiscal et l’investissement à long-terme.

Ces deux exemples montrent bien que le timing est important pour les contributions volontaires au second pilier.

Conclusion

À présent, il doit être clair depuis ces scénarios que les contributions au second pilier ne sont pas géniales. Sur le long-terme, ce sont de mauvais investissements. En effet, l’avantage direct de la réduction d’impôts ne compensent pas les taux d’intérêts actuels qui sont très bas (et risquent de baisser).

Néanmoins, le second pilier est une bonne alternative aux obligations. Le taux d’intérêt est garanti (pour l’instant) et les réductions d’impôts le rendent attrayant. Quand on approche de la retraite, cela peut devenir très intéressant.

Mais ça n’est pas un bon investissement en tout temps. Cela va dépendre de votre situation financière. Il faut toujours considérer tous les éléments avant de prendre une décision d’investissement. Comme ces contributions au second pilier sont verrouillées dans le troisième pilier et ne peuvent pas être retirées pour au moins trois ans. Il faut bien entendu investir uniquement de l’argent donc on peut se passer.

Dans le futur, je pense faire des contributions à mon second pilier. Comme mon salaire est relativement élevé, mon taux marginal d’imposition est également élevé. Un peu de réduction d’impôts et un peu de stabilité dans notre fortune pourrait faire du bien.

Néanmoins, comme nous venons d’acheter une maison et d’utiliser notre second pilier, il nous faut d’abord payer 50’000 CHF en contributions standard (sans avantage fiscal). Il faudra donc au moins 5 ans pour que cela devienne intéressant de contribuer pour nous. Car, il n’est jamais intéressant de contribuer au second pilier sans avantage fiscal!

Pour plus d’informations sur le système des retraites suisses, vous pouvez commencer avec le premier pilier.

Que pensez-vous de ces contributions? Avez-vous déjà fait des contributions volontaires à votre second pilier?

Mr. The Poor Swiss

Monsieur The Poor Swiss est l'auteur du blog thepoorswiss.com. En 2017, il s'est rendu compte qu'il était en train de tomber dans le piège de l'inflation de son mode de vie. Il a décidé de diminuer ses dépenses et d'augmenter ses revenus. Ce blog parle de son histoire et de ses trouvailles. En 2019, il épargne plus de 50% de ses revenus. Son but est de devenir financièrement indépendant. Vous pouvez envoyer un message à Monsieur The Poor Swiss.

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