Le second pilier – Prendre sa retraite en Suisse

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Le second pilier - Prendre sa retraite en Suisse

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Dans l’article précédent, nous avons étudié le premier pilier en détails. Il est maintenant temps de passer au second pilier. Le second pilier est un système de prévoyance professionnelle.

Le premier couvrait les besoins de base de tout un chacun. Le second pilier est là pour couvrir une part plus importante de votre revenu. C’est une pension de prévoyance professionnelle. Si vous ne travaillez pas, vous n’allez pas payer pour cette pension, mais vous n’allez pas non plus recevoir d’argent de ce second pilier. Le second pilier est un peu plus complexe que le premier pilier.

Dans cet article, je vais couvrir tous les détails à propos du second pilier. C’est le seul guide dont vous aurez besoin pour tout savoir du second pilier. Et je vais aussi parler de comment optimiser votre second pilier.

Le second pilier

Le second pilier est votre pension professionnelle. Le nom officiel est la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP). En allemand, l’acronyme est BVG (Bundesgesetz über die berufliche Alters-, Hinterlassenen- und Invalidenvorsorge). Mais pour faire simple, je vais continuer à utiliser le nom second pilier qui est bien plus commun.

Ce second pilier est une pension pour toutes les personnes qui travaillé en Suisse et qui ont cotisé au second pilier. Chaque personne Suisse d’au moins 24 ans avec un salaire plus élevé que 21’150 CHF contribue au second pilier. Ces contributions sont directement retenues de votre salaire et transféré sur votre compte second pilier.

Ce qui est très bien, c’est que votre employeur va faire la même contribution que vous. Certaines entreprises vont contribuer plus que cela, mais c’est malheureusement rare.

Le montant de votre contribution pour le second pilier dépend de votre âge:

  1. 25 à 34 ans: 7%
  2. 35 à 44 ans: 10%
  3. 45 à 54 ans: 15%
  4. 55 à 65 (64 pour les femmes) ans: 18%

Le pourcentage déduit de votre salaire dépend de combien votre employeur paie. Toutes les contributions au second pilier sont exemptées d’impôts. C’est un fait très important. Vous allez payer des impôts quand vous retirerez votre second pilier, mais pas avant.

Au fil des ans, vous contribuez de plus en plus au second pilier. Cela veut dire que les années les plus importantes sont les années les plus proches de la retraite. C’est un contraire à la logique qui voudrait que les contributions qui accumulent le plus d’intérêts (les premières) soient les plus élevées.

Le premier pilier était une assurance globale ou les gens paient pour les autres. Le second pilier est un compte à votre nom. C’est donc votre argent. Mais cela ne veut pas dire que cet argent est entièrement garanti non plus. Vous dépendez toujours du gestionnaire de votre second pilier.

En effet chaque employeur choisit sa caisse de pension qui va gérer le second pilier de ses employés. Il y a donc également des bonnes caisses de pension et des mauvaises caisses de pension. Mais la plupart des caisses de pension sont extrêmement conservatives et ne vous laisserons pas investir vos avoirs. Si vous changez d’employeur, vous allez également changer de caisse de pension.

Prestations de libre passage

Si vous changez d’employeur, vous allez devoir transférer vos fonds vers la caisse de pension du nouvel employeur. Mais si vous n’avez pas tout de suite un nouvel employeur, il vous faudra transférer les fonds de votre second pilier dans un compte de libre passage.

Cela arrive si vous perdez ou quittez votre emploi et que vous n’en reprenez pas un tout de suite. Un compte de libre passage est bloqué jusqu’à ce que vous ayez un nouvel emploi ou jusqu’à la retraite.

La même chose arrive si vous quittez la Suisse. Jusqu’à l’âge de la retraite, il vous faudra garder l’argent dans un compte de libre passage.

Si vous prenez une retraite très anticipée, vous pouvez également garder votre second pilier dans un compte de libre passage, jusqu’à l’âge légal de la retraite.

Il y a un avantage à compte de libre passage, ils sont beaucoup mieux que les caisses de pension. Vous pouvez investir vos fonds avec une grande liberté. Par exemple, vous pouvez regarder le compte de libre passage de valuepension. Ils ont un excellent compte de libre passage.

Par contre, si vous travaillez, vous n’aurez pas le choix, il vous faut utiliser le second pilier de votre employeur.

Obligatoire vs surobligatoire

Malheureusement, le second pilier n’est pas aussi simple qu’il devrait. Il faut distinguer la partie obligatoire du salaire assuré de la partie surobligatoire.

On va parler du salaire annuel ici. Le salaire obligatoire assurée est le salaire entre MIN et MAX. MIN est défini comme étant 7/8 du maximum du premier pilier (28’200 CHF) et donc de 21’151 CHF. Et MAX est défini comme étant trois fois le maximum du premier pilier et donc de 84’600 CHF. Il faut ensuite soustraire MIN à votre salaire. Si le salaire est entre 21’151 et 28’200, le salaire assuré sera de 3’525 CHF. Tout ce qui dépasse est la part surobligatoire.

Regardons quelques exemples de salaires annuels pour faire plus simple:

  • 20’000 CHF: Ne peut pas prétendre au second pilier (moins de 21’150 CHF)
  • 25’000 CHF: Salaire obligatoire assuré 3’525 CHF (moins de 28’200 CHF)
  • 30’000 CHF: Salaire obligatoire assuré 5’325 CHF
  • 50’000 CHF: Salaire obligatoire assuré 25’325 CHF
  • 84’600 CHF: Salaire obligatoire assuré 59’925 CHF
  • 100’000 CHF: Salaire obligatoire assuré de 59’925 CHF et salaire surobligatoire assuré de 15’400.

Il y a deux différences majeures entre ces deux parts.

La première différence est le taux d’intérêt. La loi précise un taux minimum d’intérêt de 1% sur la part obligatoire (en 2020). Mais il n’y a pas de minimum pour la part surobligatoire. Comme les conditions de gestion pour la part surobligatoire sont moins contraignantes, certaines caisses de pension donnent de meilleurs taux d’intérêt pour la part surobligatoire. Mais ils peuvent tout aussi bien donner des taux plus bas.

Les taux d’intérêts actuels sont très bas, la plupart sont à 1%. Mais il n’y a rien qu’on puisse faire à ce propos. Et c’est toujours mieux que ce que les banques Suisses proposent.

La seconde différence est le taux de conversion. Ce taux va définir combien de pension vous allez recevoir sur la base du capital. La loi définit un taux conversion minimum de 6.8%. Il n’y a pas de taux minimum pour la part surobligatoire. Généralement, le taux de conversion de la part surobligatoire est significativement plus bas.

Assurance vie et invalidité

Le second pilier agit également comme assurance dans deux cas.

Si vous devenez handicapé au point de ne plus pouvoir travailler, vous allez retirer une pension d’invalide. La rente est calculée sur la base de l’argent accumulé ainsi que des crédits futurs (sans les intérêts). C’est une bonne assurance pour des garanties en cas d’accident grave.

Si quelqu’un meurt en étant marié, l’époux survivant va recevoir 60% de la rente d’invalide de la personne décédée. Néanmoins, il y a quelques conditions pour être éligible. Cela n’est valable qu’avec des enfants à charge ou alors en ayant au moins 45 ans et avec un mariage qui dure depuis au moins 5 ans. Sans ces conditions, le survivant va tout de même recevoir 3 ans de pension.

Dans les deux cas, le droit à la pension va être passé en revue tous les deux ou trois.

Combien vais-je recevoir du second pilier?

Une fois que vous atteignez l’âge de la retraite (65 ans pour les hommes, 64 ans pour les femmes), vous allez pouvoir retirer votre second pilier. Vous avez trois options:

  1. Une rente
  2. Un capital
  3. Un mix entre rente et capital

    C’est là que le taux de conversion entre en compte. La rente va être calculé avec le taux de conversion. Par exemple, si vous avez un capital de 200’000 CHF, vous allez recevoir une pension de 13’200 CHF par an.

    Si vous prenez le capital, vous allez payer des impôts au retrait de celui-ci. Et si vous prenez  la rente, vous allez payer des impôts sur le revenu. Le taux de conversion de la part surobligatoire dépend de la caisse de pension.

    Héritage et second pilier

    En règle générale, le second pilier est votre argent. Mais il y a des cas ou vous pourriez perdre cet argent, ou au moins, votre famille pourrait la perdre.

    Si vous mourez, l’argent du second pilier peut être passé à votre époux ou à vos héritiers légaux, comme c’est le cas pour les héritages en général en Suisse. Mais si vous n’avez ni héritiers ni époux, les règles sont différentes de l’héritage. Par exemple, vos parents ne sont pas éligibles pour cet héritage. Cet argent peut donc retourner à l’état.

    Si vous n’avez pas d’héritiers, ni d’époux, il vous faut donc considérer de façon différente le second pilier.

    Pension ou paiement unique?

    Il n’y a pas de règle absolue pour cette question.

    Cela va principalement dépendre du taux de conversion qui vous est offert à l’âge de la retraite. Et également, cela va dépendre de combien vous pensez retirer de ce capital si vous l’investissez vous-même. En règle générale, il est possible de faire mieux que 6.8% dans le marché boursier avant inflation. Mais le marché à plus de risques qu’un taux garanti.

    Cela va donc beaucoup dépendre de ce que vous voulez faire avec cet argent. Comme la situation est encore très loin pour moi, je n’ai pas décidé de ce que j’allais faire.

    Comment optimiser son second pilier?

    Nous avons vu que le premier pilier ne laissait pas beaucoup de marge pour l’optimiser. Le second pilier nous donne quelques options intéressantes.

    Contributions volontaires au second pilier

    Comme c’était le cas pour le premier pilier, vous pouvez avoir des manques dans votre second pilier. Ces manques peuvent arriver dans plusieurs cas. Si vous avez commencé à contribuer plus tard que 24 ans par exemple. Ou alors, si vous avez quitté la Suisse pendant plusieurs années. Finalement, cela peut aussi arriver avec un salaire qui augmente au fil des années et votre salaire actuel vous aurait permis de contribuer plus.

    Vous pouvez remédier à ces manques avec des contributions volontaires au second pilier. Ces contributions sont exemptées d’impôt. Elles vont réduire votre revenu imposable, et donc vos impôts. Par exemple, elles ne seront pas complétées par votre employeur. De plus, les contributions volontaires sont toujours dans la part surobligatoire.

    Il faut également savoir que ces contributions volontaires sont bloquées pour trois ans. Cela veut dire qu’il n’est pas possible de les utiliser avant au moins trois ans.

    Vous pouvez demander à votre caisse de pension combien vous allez pouvoir déposer sur votre second pilier. Il y a des limites annuelles à ce que vous pouvez contribuer.

    Si vous avez les moyens de le faire, c’est un bon moyen d’augmenter votre rente et de diminuer vos impôts. Néanmoins, il vous faut être sûr de vouloir le faire. En effet, cet argent sera bloqué pour de nombreuses années. Et les gains sur le second pilier sont très faible. Mais c’est un investissement à faible qui peut se comparer à des obligations à très long-terme.

    Impôts

    Quand vous retirez le second pilier, vous allez payer des impôts sur le retrait. C’est un taux d’imposition meilleur que si vous aviez été imposé au début. Mais il faut tout de même prêt à payer cet impôt.

    Il est important de savoir que vous allez être imposé en fonction d’où vous vivez. Il y a des différences très grandes entre les différents cantons.

    Si vous voulez comparer les différences entre cantons, vous pouvez utiliser ce calculateur. Il va vous dire combien vous allez payer d’impôts si vous retirez votre second pilier en capital.

    Si vous n’habitez pas en Suisse lors du retrait, c’est l’endroit ou se trouve le fonds de pension qui est important.

    Il est important de prendre en compte les impôts quand vous essayez de décider entre une rente et le capital.

    Changer d’employeur

    Une façon d’optimiser son second pilier est d’opter pour un employeur avec une meilleure caisse de pension.

    Bien sûr, ça n’est pas un simple changement. Et la caisse de pension ne devrait pas être un l’argument principal pour choisir un employeur. Mais cela peut faire une différence importante pour votre retraite.

    Dans certaines entreprises, vous avez la possibilité d’investir plus dans le second pilier. Si c’est quelque chose que vous voulez faire, c’est peut-être intéressant.

    Augmenter ses revenus

    Comme pour le premier pilier, augmenter vos revenus est un bon moyen d’augmenter les fonds de votre second pilier.

    Cela va augmenter  votre rente (ou capital) à la retraite. Et ces contributions sont exemptes d’impôts.

    Bien entendu, il n’est pas toujours facile ou même possible d’augmenter son salaire. Et généralement, c’est quelque chose de toujours bénéfique.

    Retirer le second pilier avant la retraite

    Il y a plusieurs façons de faire un retrait anticipé du second pilier.

    La raison principale est pour acheter une maison. Vous pouvez utiliser l’argent de votre second pilier pour payer l’acompte de votre maison. Cela va réduire votre pension et capital bien entendu. Mais cela peut aider beaucoup à devenir propriétaire. Cela n’est possible que pour votre résidence principale, pas pour une résidence secondaire, et encore uniquement en Suisse.

    Les mêmes règles s’appliquent si vous voulez commencer votre propre entreprise.

    Il y a quelques limitations à ces retraits anticipés. Premièrement, le retrait minimum est de 20’000 CHF. Ensuite, si vous vendez la maison ou l’entreprise pour laquelle vous avez utilisé les fonds, il vous faudra repayer ses fonds. Aussi, les contributions volontaires après le retrait ne seront pas exemptées d’impôts avant d’avoir tout repayé.

    Si vous avez plus de 50 ans, vous serez limité retirer uniquement le montant que vous aviez à 50 ans ou la moitié de ce que vous avez maintenant. La limite exacte est le maximum de ces deux nombres. Finalement, il n’est possible de faire un retrait que tous les cinq ans.

    Il est également possible de retirer l’argent si vous partez définitivement de Suisse. Il s’agit du cas le plus compliqué. Cela va dépendre du pays dans lequel vous allez et des traités entre ce pays et la Suisse. Par exemple, dans les pays de l’union européenne, vous pourrez uniquement retirer la partie surobligatoire.

    L’autre raison est la retraite anticipée. Il est possible de retirer son second pilier 5 ans avant l’âge de la retraite (avec quelques conditions, suivant les caisses de pension).

    Rapports

    Chaque année, vous allez recevoir une attestation de votre caisse de pension vous donnant beaucoup (trop!) d’informations. Vous allez savoir ce que vous avez contribué, les parts obligatoires et surobligatoires. Ils font également des prédictions pour l’avoir à la retraite. Mais ça ne sont que des prédictions imprécises.

    Ce rapport de fonds sera différent selon la caisse de pension. Généralement, l’information sera la même, mais présentée de façon différence. Par exemple, voici mon attestation 2017.

    La première page du rapport de mon second pilier
    La première page du rapport de mon second pilier
    La seconde page du rapport de mon second pilier
    La seconde page du rapport de mon second pilier

    Comme vous pouvez le voir, il y a beaucoup de chiffres sur ce rapport. Il va également couvrir les informations comme les rentes d’invalide ou de veuf. Si vous êtes marié ou divorcé, vous allez également avoir encore d’informations.

    Si vous avez de la chance, vous allez recevoir des informations de façon plus fréquente. Et si vous avez encore plus de chances, votre caisse de pension aura un portail en ligne avec toutes les informations nécessaires. Cela rend beaucoup plus facile la comptabilisation de son second pilier.

    Si vous les recevez sur papier, je suggère de les numériser pour le futur. Ces documents contiennent des informations importantes pour le futur.

    Comptabilisation du second pilier

    Si vous suivez la valeur de votre fortune nette, vous pouvez ajouter votre second pilier à celle-ci. C’est ce que je fais avec mon second pilier, que je considère comme des obligations. Comme il s’agit d’un investissement stable et à long-terme, il est logique de les considérer comme des obligations. Comptez votre second pilier dans votre fortune va vous aider à avoir une vue globale de vos biens.

    Si vous n’avez pas de chance et n’avez qu’un rapport annuel, vous avez deux choix:

    • Mettre à jour la valeur du second pilier une fois par an uniquement
    • Extrapoler la valeur du second pilier selon l’évolution de l’année précédente. C’est ce que je faisais avant de recevoir des rapports mensuels.

    FAQ

    Qu'est-ce que le second pilier en Suisse?

    Le second pilier est une pension professionnelle. Chaque personne qui a travaillé en Suisse est éligible pour recevoir cette pensions.

    Combien vais-je recevoir du second pilier?

    Cela dépend votre salaire annuel et de combien vous avez contribué au fil des ans.

    Comment optimiser son second pilier?

    Vous pouvez faire des contributions volontaires au second pilier, qui ne sont pas imposées. Et vous allez également votre rente en augmentant votre salaire.

    Conclusion

    Le second pilier est la seconde partie du système de retraite en Suisse. Il va couvrir un part important de votre salaire, plus que le premier pilier. Par contre, au contraire du premier pilier qui était pour tout le monde, le second pilier est uniquement pour les employés.

    Combien vous allez gagner à la retraite dépend principalement de votre salaire. Entre votre premier et second pilier, vous devriez gagner une rente d’entre 70% à 80% de votre salaire. Le troisième pilier va aider à couvrir la partie manquante.

    Mais cela dépend également des années durant lesquelles vous avez économisées et des intérêts de votre second pilier.

    Le prochain article va parler du troisième pilier en détails. Il s’agit d’un système entièrement optionnel, avec des avantages pour les impôts.

    Que pensez-vous du second pilier? Avez-vous des astuces pour l’optimiser?

    Mr. The Poor Swiss

    Monsieur The Poor Swiss est l'auteur du blog thepoorswiss.com. En 2017, il s'est rendu compte qu'il était en train de tomber dans le piège de l'inflation de son mode de vie. Il a décidé de diminuer ses dépenses et d'augmenter ses revenus. Ce blog parle de son histoire et de ses trouvailles. En 2019, il épargne plus de 50% de ses revenus. Son but est de devenir financièrement indépendant. Vous pouvez envoyer un message à Monsieur The Poor Swiss.

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